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Portrait d'une jeune fille
Artiste : David Seifert
Technique : Huile sur toile
Dimensions : 30 x 30
Catégorie : Portrait
Ce portrait possède la grâce silencieuse d'une époque révolue, où chaque regard semblait contenir un secret que la toile n'a jamais livré. « Portrait d'une jeune fille » 1929. David Seifert compose cette œuvre à la fin des années vingt, une période charnière où l'effervescence des avant-gardes cède progressivement la place à un retour à l'ordre et à une certaine sérénité formelle. L'artiste, alors installé dans le quartier de Montparnasse, traverse une phase de maturation stylistique marquée par une introspection profonde. Il observe avec acuité les transformations sociales de son temps, notamment l'émancipation féminine qui se manifeste dans les attitudes et les vêtements des jeunes femmes de cette génération. Son état d'esprit est empreint d'une mélancolie douce, d'une fascination pour la beauté éphémère et d'un désir de capter l'essence intime de ses modèles plutôt que leur simple apparence extérieure. Cette toile témoigne de sa volonté de concilier la rigueur de la composition classique avec une sensibilité résolument moderne, héritée de ses échanges avec les peintres de l'École de Paris. La jeune fille est représentée en buste, légèrement tournée vers la gauche, le visage offrant une vue de trois quarts au spectateur. Son teint est pâle, presque nacré, éclairé par une lumière douce qui semble provenir d'une fenêtre invisible située à sa droite. Ses cheveux bruns, coiffés à la garçonne, encadrent un front lisse et dégagé, tandis que ses yeux sombres, grands ouverts, fixent un point lointain avec une intensité troublante. Elle porte une robe d'un bleu profond, presque nuit, dont le col montant souligne la finesse de son cou. Ses lèvres, légèrement entrouvertes, suggèrent une parole retenue, un mot suspendu entre elle et le peintre. Le fond est d'un brun chaud et uniforme, sans aucun élément décoratif, ce qui concentre toute l'attention sur la figure. Ses mains, partiellement visibles au bas du tableau, reposent l'une sur l'autre avec une délicatesse presque précieuse, les doigts allongés et les ongles soigneusement dessinés. La pose est naturelle mais empreinte d'une certaine retenue, comme si la jeune femme posait pour un portrait officiel tout en préservant une part d'elle-même inaccessible. Le détail le plus remarquable réside dans le traitement des yeux, où Seifert superpose de fines couches de glacis pour créer une profondeur lumineuse inhabituelle. Le regard semble vivant, presque humide, captant la lumière d'une manière qui confère au modèle une présence troublante. La touche est lisse et précise, presque invisible, à l'exception de quelques zones où la matière affleure légèrement, notamment dans le rendu des cheveux et du tissu de la robe. Le bleu profond de cette dernière contraste subtilement avec les tons chauds du fond et la pâleur du visage, créant une harmonie chromatique savamment orchestrée. On remarque également un léger reflet argenté sur le lobe de l'oreille gauche, peut-être une boucle d'oreille discrète, qui ajoute une note de raffinement sans jamais distraire l'attention. Symboliquement, ce portrait évoque la fragilité de la jeunesse face au passage du temps, mais aussi la force tranquille d'une génération de femmes qui commence à revendiquer sa place dans la société. La posture réservée et le regard franc suggèrent une dualité entre pudeur et détermination, entre tradition et modernité. La robe bleue peut être interprétée comme une référence à la sérénité et à la profondeur, tandis que le fond brun évoque la terre, la stabilité, l'ancrage dans une réalité tangible. La jeune fille incarne une transition, un entre-deux où l'innocence n'a pas encore cédé la place à l'expérience, mais où la conscience de soi est déjà pleinement éveillée. Seifert ne cherche pas à idéaliser son modèle, mais à en révéler la vérité intérieure, cette étincelle d'humanité qui rend chaque visage unique et irremplaçable. Le style de cette œuvre s'inscrit dans la veine du réalisme poétique qui caractérise une partie de la production de l'École de Paris dans les années vingt. Seifert y combine une technique académique héritée de sa formation classique avec une sensibilité moderne dans le choix du sujet et la simplification des formes. On peut y déceler l'influence discrète de la Nouvelle Objectivité allemande, dans la précision du rendu et l'absence de sentimentalisme excessif, mais aussi celle du post-impressionnisme français, dans la délicatesse des transitions lumineuses. La composition est rigoureuse, presque géométrique dans son équilibre, mais la touche reste souple et vivante, évitant toute sécheresse. Cette synthèse entre tradition et modernité fait de Seifert un témoin privilégié de son époque, capable de traduire l'esprit de son temps sans jamais renier les acquis du passé. L'ambiance générale qui se dégage de ce tableau est celle d'un silence habité, d'une pause méditative dans le tumulte de la vie moderne. La lumière douce, les tons feutrés, la pose immobile du modèle créent une atmosphère de recueillement, presque de mélancolie. On ressent une tension subtile entre la sérénité apparente de la scène et l'intensité du regard, comme si la jeune fille s'apprêtait à révéler quelque chose d'important. Le temps semble suspendu, figé dans cet instant précis où la beauté et la vulnérabilité se rencontrent. Cette œuvre invite à la contemplation, à une forme d'écoute intérieure qui dépasse le simple plaisir visuel pour toucher à l'émotion pure. Le message de David Seifert à travers ce portrait est celui d'une célébration de l'individualité, de la singularité de chaque être humain face à l'uniformisation croissante de la société moderne. Il affirme que la beauté ne réside pas dans la perfection idéalisée, mais dans l'authenticité d'un visage, d'une expression, d'un moment de vie saisi avec justesse. En choisissant de représenter une jeune fille anonyme, sans attribut particulier ni signe distinctif de richesse ou de statut, il élève le quotidien au rang de l'art et rend hommage à la dignité silencieuse des gens ordinaires. Son intention est de montrer que la grandeur peut se nicher dans les choses les plus simples, et que la peinture a encore le pouvoir de capturer l'essence de l'humain. Ce portrait demeure une énigme envoûtante, un miroir tendu vers nous qui nous renvoie notre propre fascination pour ce qui est à la fois proche et inaccessible. F.A.Q. : Qui est David Seifert ? David Seifert est un peintre actif dans le milieu de l'École de Paris dans les années 1920 et 1930. Il est connu pour ses portraits et ses natures mortes réalisés dans un style réaliste et poétique, marqué par une grande précision technique et une sensibilité psychologique. Il a exposé dans plusieurs salons parisiens et a été remarqué par les critiques de son époque, bien que son œuvre soit aujourd'hui moins célèbre que celle de certains de ses contemporains. Quelle est la date de création de ce tableau ? Le tableau « Portrait d'une jeune fille » a été réalisé en 1929, une période où Seifert était installé à Montparnasse et où il développait un style personnel entre classicisme et modernité. Cette année correspond à une phase de maturité dans sa carrière, marquée par une recherche d'équilibre et de sérénité formelle. Quel est le courant artistique de cette œuvre ? Cette œuvre s'inscrit dans le courant du réalisme poétique, une tendance présente au sein de l'École de Paris dans l'entre-deux-guerres. Ce style se caractérise par une représentation fidèle du sujet, mais empreinte d'une atmosphère suggestive et d'une sensibilité subjective. On y trouve également des échos de la Nouvelle Objectivité et du retour à l'ordre qui a marqué la peinture européenne après les avant-gardes. Où se trouve actuellement ce tableau ? La localisation actuelle du tableau n'est pas publiquement documentée dans les catalogues de musées ou les grandes collections. Il est probable qu'il se trouve dans une collection privée, ce qui est fréquent pour les œuvres d'artistes de cette période qui n'ont pas été largement diffusées. Les collectionneurs privés et les marchands d'art spécialisés dans l'École de Paris sont les plus susceptibles de détenir des informations à son sujet. Quelle est la signification du regard de la jeune fille ? Le regard de la jeune fille est l'élément central de l'œuvre. Il est à la fois direct et distant, comme si elle regardait au-delà du spectateur, vers un point intérieur ou une pensée personnelle. Cette expression traduit une forme d'introspection et de conscience de soi, caractéristique de la représentation des femmes modernes de cette époque. Seifert utilise ce regard pour créer un lien émotionnel avec le spectateur tout en préservant le mystère du modèle.
Provenance : Collection Galerie Marek & Sons, 12 rue de la Grange Batelière, 75009 Paris. Expertise depuis 1994.
Manifest IIIF : Consulter le manifest IIIF
Licence : CC BY-NC-ND 4.0