Nicolas Millioti

1874 – 1962 Grèce
Nicolas Millioti naît à Moscou le 16 janvier 1874 dans une famille d'origine grecque, apparentée aux Morozov, aux Alekséiev et aux Korcha. Durant son enfance, il passe ses étés dans la propriété moscovite du prince Golitzine, à Kouzminki. Il fait ses études secondaires à Moscou avant d’intégrer, de 1894 à 1900, l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou, où il suit l’enseignement d’Abram Arkhipov, de Leonid Pasternak, de Valentin Serov et de Constantin Korovine. Parallèlement, il suit des cours de philologie et d’histoire à l’Université de Moscou et assiste à des conférences à la Sorbonne, à Paris. Il fréquente également des ateliers privés à Paris, notamment ceux de Whistler, Laurens et Benjamin-Constant.
Dès le début du XXe siècle, il s’impose comme l’un des artistes majeurs du symbolisme russe, développant un univers onirique où anges, mirages et scènes féériques se mêlent dans des compositions aux tonalités décoratives et raffinées. Il participe activement aux cercles artistiques moscovites et est l’un des fondateurs du groupe « La Rose bleue » en 1907. La même année, il organise avec son frère Vassili l’exposition éponyme à Moscou. En 1910, il quitte l’« Union des peintres russes » et rejoint « Mir Iskousstva » (« Le Monde de l’art »), où il joue un rôle important en siégeant au comité d’organisation entre 1912 et 1916. Il expose régulièrement en Russie et à l’étranger, notamment à Bruxelles, Vienne, Paris et Berlin, et reçoit en 1910 une médaille d’or à l’Exposition internationale de Bruxelles.
Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme enseigne d’artillerie sur le front des Carpates et est décoré pour bravoure. Démobilisé en 1917 à la demande de figures culturelles de Moscou, il s’installe à Yalta où il dirige la Commission de protection des richesses artistiques de Crimée.
En 1920, il quitte la Russie pour Sofia, puis séjourne à Berlin avant de s’installer à Paris en 1923. Là, il intègre la vie artistique et intellectuelle parisienne, fréquente Paul Valéry, Rainer Maria Rilke, André Maurois et participe à des projets théâtraux, comme la mise en scène du Théâtre des comédiens de bois aux côtés de Nathalie Gontcharoff, Michel Larionov et Nicolas Tcherepnine. Il enseigne à l’Institut d’art décoratif et à l’Académie artistique russe de Paris. Il devient membre du conseil d’administration de l’Union des artistes russes en France et siège au comité de sa section peinture.
Durant les années 1930, il se consacre à la peinture de portraits (Alexandre Benois, Nadejda Teffi, Tatiana Soukhotina-Tolstaïa, Fédor Chaliapine). En 1938, l’État français acquiert son autoportrait. Il participe à de nombreuses initiatives de solidarité en faveur des artistes russes exilés. En 1940, il se réfugie à Biarritz, où il crée une série de dessins intitulée Misères et désastres de la guerre, avant de revenir à Paris en 1942. Il continue à peindre, notamment des autoportraits, et participe à des expositions jusqu’à la fin de sa vie.
Nicolas Millioti meurt à Paris, à l’hôpital Cochin, le 26 décembre 1962. Il repose au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Après sa mort, ses œuvres sont rapatriées à Moscou, exposées à partir de 1986 en Russie et en Europe. Ses œuvres, marquées par un lyrisme raffiné et une esthétique symboliste, sont conservées dans de nombreuses collections, notamment à la Galerie Tretiakov et au Musée russe.

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